Marianne Maximi présente son programme environnemental à Epicentre, le 11 février 2020 / Crédit photo : éditeur

Pour Marianne Maximi, “parlons d’une ‘ville qui protège’, ça prend tout son sens”

« Pas de transition écologique sans réduction des inégalités sociales », insiste Marianne Maximi, candidate LFI aux municipales clermontoises.

Contenu réalisé en partenariat avec Epicentre Factory

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Le contexte de l’entretien

La campagne des municipales 2020 est bien évidemment suspendue. A ce jour, le second tour est prévu le 25 juin, mais s’il est à nouveau reporté, cela entraînera une annulation de facto du premier tour. L’ensemble de l’élection devra être « rejouée » à Clermont et dans les communes n’ayant pas élu leur maire au premier tour.

Plusieurs mois se seront écoulés à ce moment-là depuis la pandémie initiale. Comment les enjeux de transition écologique et sociale et de résilience territoriale auront-ils marqué les programmes des candidats ?

Avec Pierre Gérard, membre du C.A. d’Epicentre Factory, nous avions accueilli en février 2020 cinq candidats aux municipales clermontoises porteurs d’un programme écologique ambitieux. Deux mois plus tard, nous avons choisi de leur proposer de s’exprimer, car le monde de demain se décide aujourd’hui, et il est capital d’évoquer maintenant les enjeux à long-terme.

Damien

Voir la synthèse des « rencontres candidats » à Epicentre, dont l’intégralité des échanges en podcast audio

L’intervenante : Marianne Maximi

Crédit photo : éditeur

Educatrice spécialisée et « travailleur social », Marianne est, à 34 ans, la représentante de la France Insoumise sur Clermont. Elle a participé bien entendu au premier tour des municipales 2020 et y a emporté 12,32% des voix, avant le « gel » de la campagne.

Prise de parole de Marianne Maximi lors d’une « Rencontre Candidat » à Epicentre Factory, le 11 février dernier [podcast audio, 1h02]


Comment analyses-tu la crise du Covid 19 ?

Ce qu’on nous raconte depuis des décennies, malheureusement, nous arrive. On savait qu’un phénomène mondial allait nous impacter de façon majeure – même si on ne savait pas que ce serait forcément une pandémie. Face à cela, toute la politique menée pendant des décennies a des conséquences concrètes sur la façon dont la pandémie nous touche, et la façon dont on peut réagir.

La gauche a alerté pendant longtemps sur la question de l’austérité, et on mesure aujourd’hui concrètement les conséquences que ça a.

La gauche a alerté pendant longtemps sur la question de l’austérité, et on mesure aujourd’hui concrètement les conséquences que ça a – notamment sur l’hôpital public. En gros, ça “passe” … tant qu’il n’y a pas de crise comme ce que l’on est en train de vivre ! Et les pays développés ont démontré qu’ils ne sont pas meilleurs que les autres, qu’ils ne sont pas mieux préparés.

Tu as choisi de t’exprimer malgré la “mise en pause” de la campagne …

Depuis le début du confinement, je veux maintenir une parole politique à travers des “Chroniques du Confinement”. La parole politique continue : analyser ce qui se passe, trouver des solutions, c’est une nécessité ! J’ai commencé par écrire sur l’impact du contexte sur les inégalités sociales. La crise est un révélateur des désastres qu’on a créés. Je le vois par mon métier, notamment sur les violences faites aux femmes

Même sur nos modes de consommation, on se prend à réinventer des choses. Certains d’entre nous avaient pris de l’avance, en faisant déjà des choix différents, en limitant l’achat du superflu … mais la majorité des gens n’étaient pas prêts. On l’a vu au début quand les supermarchés étaient pris d’assaut. Pourtant, il faudra bien changer nos habitudes, et on n’aura plus le choix.

Comment cette crise sert-elle de révélateur des inégalités sociales ?

On n’est pas tous égaux … cela veut dire que par exemple ceux qui ont pu partir dans leur maison de campagne au début du confinement, versus ceux qui n’ont qu’un petit appartement. Autre révélateur avec l’école à la maison : quand on n’a pas l’accès internet, pas assez d’ordinateurs, pas le temps, ni les compétences ou la disponibilité psychique pour accompagner l’enfant dans le temps scolaire … Même si on nous dit que c’est plus du soutien que de l’école, il y a clairement une différence entre les familles.

En même temps, une famille soudée peut bien vivre le confinement en HLM, tandis qu’une famille aisée mais divisée aura beaucoup de mal, même en maison. Cependant, il y a forcément un impact, au moins économique – par exemple, avec le faible coût des repas à la cantine, que les enfants ne prennent plus. En résumé, on se rend compte encore plus de ces inégalités sociales.

Pourtant, le gouvernement mais aussi certaines collectivités locales ont annoncé des mesures d’aide aux individus …

Il y a des mesures annoncées pour les personnes au RSA, les familles précaires. Mais quand il y a des seuils, c’est toujours compliqué, il y a des gens à la limite qui ne vont pas en bénéficier. Le vrai problème est que la société est profondément inégalitaire. On parlait des “invisibles” qui font tourner la société, ceux qui ont des boulots peu valorisés et mal payés … et en période de confinement ça se “voit”, dans le sens où ça s’analyse, encore plus. Je le vois dans mon métier, en protection de l’enfance !

La vraie question est “comment peut-on vivre décemment de son travail ?”, c’est le sujet de la répartition de la richesse.

Ces gens ont beaucoup de souffrance, peu de relais, pas de soutien. Une aide financière ponctuelle peut aider mais pas sur le fond. La vraie question est “comment peut-on vivre décemment de son travail ?”, c’est le sujet de la répartition de la richesse. Je n’entends pas cette thématique dans les discours politiques. Macron l’évoque rapidement, mais les ministres n’en savent pas plus. Je doute que l’on remette en cause cette répartition des richesses à l’avenir, en tous cas ça n’en prend pas concrètement le chemin.

Qu’est-ce qu’il te semble prioritaire à faire sur le territoire dans un avenir proche ?

Parlons d’une “ville qui protège”, ça prend tout son sens. Par exemple sur la santé : en Seine-Saint-Denis, beaucoup de villes ont des centres de santé municipaux. Cela protège beaucoup en cas d’épidémie ! On y fait du dépistage, on accueille les populations les plus précaires, pour avoir accès à la santé et ne pas engorger les hôpitaux.

A Clermont, on est moins touchés pour l’instant. Cela ne veut pas dire qu’on ne le sera pas … Je reste assez prudente sur l’évolution de l’épidémie. On ne sait pas grand-chose au fond. Mais, on aurait besoin de remettre la santé au plus près des habitants. On a des beaux hôpitaux, mais mettre en place des lieux de soins de proximité est capital. Le maillage territorial de la santé est catastrophique : on a voulu créer de gros pôles pour la rentabilité, mais ce n’est pas la bonne solution.

On a des beaux hôpitaux, mais mettre en place des lieux de soins de proximité est capital.

Sur l’alimentation également, on en a parlé au début des municipales. Chaque liste avait intégré la question, par exemple sur les zones maraîchères. Aujourd’hui, on se pose enfin les bonnes questions, notamment sur la grande distribution, l’accès aux productions locales, le soutien aux producteurs. Il existe beaucoup de choses sur le territoire mais les gens qui produisent cette alimentation n’en vivent pas souvent bien, parfois très mal. La mairie doit mettre en place des réseaux d’approvisionnements locaux soutenus. La demande des gens pour consommer local est là. Un drive a été mis en place au marché Saint Joseph, cela en est la preuve. Connecter les producteurs et les consommateurs est une bonne chose, pour soutenir ceux qui vivent des productions de la terre.

Comment as-tu vécu la campagne ?

La campagne à Clermont-Ferrand était effervescente, mais pas dure. Je ne l’ai pas vécue comme ça. Le premier tour s’est déroulé dans des conditions inédites et pas satisfaisantes. Ce n’est pas ma première campagne, je savais comment se passait un lendemain de premier tour “normal” … et là, du jour au lendemain, un confinement ! Pour le coup, il ne s’est rien passé après le premier tour. La campagne s’est arrêtée.

Le moment n’est pas à la campagne tout de suite, mais ça ne veut pas dire qu’on n’a pas à parler politique !

Moi, je suis retournée au travail. Le maire est reparti dans ses missions de maire et c’est normal. Dans l’immédiat, je suis toujours conseillère municipale sur le mandat de 2014. Le moment n’est pas à la campagne tout de suite, mais ça ne veut pas dire qu’on n’a pas à parler politique ! On peut analyser la situation et chercher des solutions. Tout ce qui se passe aujourd’hui est politique !

Peut-on vraiment travailler ce changement ensemble, avec tous les acteurs territoriaux ?

La notion d’unité nationale est souvent mise en avant à travers les grandes crises. La politique, ce n’est pas forcément taper sur l’autre ! C’est d’abord un débat d’idées. On a toujours des désaccords qui ne vont pas forcément s’effacer à l’occasion de la crise. Mais c’est la façon dont on va les mener qui est importante.

Moi, j’ai une tradition politique qui est fondamentalement différente de la droite libérale par exemple. Je ne serai pas d’accord avec eux, même en ce moment ! Cela dit, on partage un constat, et il peut y avoir des moments de solidarité. On a des divergences. Mais c’est important de les dire.

Que se passera-t-il demain, quand la crise sanitaire s’estompera peu à peu ?

Des choses vont forcément bouger. On ne pourra pas faire comme si rien ne s’était passé. Sur le projet politique, je pense que nous sommes cohérents. Quand on parlait d’urgence écologique, ça ne change pas. La planète continue à aller mal. On a alerté sur l’urgence hydrique. Même sans pandémie, on y serait. 

On voit cependant qu’en réduisant nos façons de consommer, il peut y avoir des effets intéressants. Une ville avec moins de voitures, on le vit en ce moment, c’est agréable. Cela peut être un déclencheur chez des gens qui étaient convaincus que ce n’était pas possible. Cela montre au final qu’on peut changer des choses avec des mesures concrètes. La gratuité des transports, que je prône, peut aussi montrer qu’il y a d’autres manières de se déplacer en ville.

On voit cependant qu’en réduisant nos façons de consommer, il peut y avoir des effets intéressants.

D’un autre côté, on a des gens qui se questionnent peu. Tout le monde n’est pas convaincu qu’on est à un tournant ! Je vois sur les réseaux sociaux des réactions individuelles qui peuvent faire peur. Cet “effet culbuto” peut fonctionner dans un autre sens. Il y a des forces politiques et des mouvements de société qui iront contre le changement. Quand je vois la délation, les voisins qui demandent à des soignants de dégager … une Marine le Pen est très silencieuse, mais elle peut agir avec des directions complètement contraires. Tout peut basculer dans un sens ou un autre, et nous avons un rôle à jouer !

Est-ce que ce sera également l’occasion de revisiter l’engagement politique et citoyen ?

On réinvente notre manière de faire de la politique, même entre nous ! On se retrouve à faire des confs Zoom, à échanger des mails … c’est une autre manière de se voir, et il faut apprendre à décrypter les échanges de manière différente. Du côté de l’Assemblée, il y a des choses qui avancent – par exemple on a proposé de rétablir l’ISF pour financer la santé. Dans mon environnement proche, les gens ont conscience de ce qui nous attend, sur beaucoup de plans – question sociale, écologique, démocratique … Par exemple sur le tracking, l’urgence ne doit pas laisser place à des replis démocratiques. C’est ce que je ressens chez les militants.

Lors de la « rencontre candidat » à Epicentre Factory, animée par Pierre Gérard le 11 février 2020 / Crédit photo : éditeur

La possibilité du rejet et du repli est également réelle. La haine des migrants et des sans papiers risque de s’accentuer. Certains ont peur de leurs voisins, donc ça ne va pas aider ! Il faudra être vigilant sur tout cela. On n’est pas paralysés, mais notre capacité d’agir est entravée. On est impatients d’être en mesure de nous réorganiser pour proposer des choses.

Quels sont les axes clés du déconfinement au niveau local ?

Je reviendrai sur les mesures déjà énoncées, sur les modes de déplacement, de consommation, sur la prise en compte des territoires ruraux avec des rapports de coopération ville-campagne … toutes nos mesures municipales seraient à mettre en place rapidement. Mais je garde espoir, car je vois que ces idées font leur chemin.

La possibilité du rejet et du repli est également réelle. (…) Il faudra être vigilant sur tout cela.

Il a déjà des choses qui existent, et il ne faut pas tout réinventer. Je défends le modèle de la régie : on a une région riche au niveau agricole, mais les producteurs en vivent parfois très mal. Le rôle d’une Métropole, sur l’alimentaire, est d’être l’opérateur privilégié de ces producteurs territoriaux. On ne peut pas arriver par le haut et tout refonder ! Il y a des gens sur le terrain qui font déjà cela très bien, il reste à garantir l’approvisionnement et le juste prix. On est à environ 7 000 repas collectifs sur Clermont : si ces 7 000 repas s’approvisionnaient exclusivement en local, on pourrait soutenir un paquet de monde.

Je défends le modèle de la régie : on a une région riche au niveau agricole, mais les producteurs en vivent parfois très mal.

Pour les individus, j’ai ressenti que beaucoup de gens ont été très en colère de la suppression initiale des marchés, par arrêtés. Le maire a choisi de ne pas les remettre en place, c’est son choix. Pourtant, il y a une vraie demande. Là aussi, une Métropole peut organiser les circuits courts, déployer des points de vente, aider à la mise en place des groupements d’achat … elle n’est pas obligée de “faire à la place”, mais elle peut faciliter les liens et coordonner.

Comment le monde économique pourrait davantage être un acteur de la transition écologique et sociale sur le territoire ?

Déjà, en respectant les normes existantes. Il y a souvent des décalages entre les discours et les actes. Ca me fait penser à une grande multinationale du hamburger qui a changé son logo en vert mais qui n’a pas modifié son processus de production et ses ingrédients. Donc, ça commence pour les entreprises par respecter des engagements écologiques concrets.

L’écologie, on l’a toujours dit, doit être sociale. (…) Tant qu’on n’aura pas réduit les inégalités, on ne pourra pas avancer.

L’écologie, on l’a toujours dit, doit être sociale. Le monde économique a son rôle à jouer dans la redistribution des richesses. Tant qu’on n’aura pas réduit les inégalités, on ne pourra pas avancer. Parce qu’on aura toujours les mêmes qui subiront les effets du changement climatique, et ceux qui s’enrichiront. Souvent on dissocie ces mouvements : d’un côté, une gentille morale écolo, de l’autre on creuse les inégalités. Le monde économique a son rôle à jouer.

Prise de parole de Marianne Maximi lors d’une « Rencontre Candidat » à Epicentre Factory, le 11 février dernier [podcast audio, 1h02]

Comment rapprocher les grands “financeurs” locaux comme les banques, et la Métropole ?

L’argent des banques, c’est aussi notre argent. Le “gentil mécène” qui viendrait sauver les collectivités, je n’y crois pas : leur but, c’est la recherche de profit. Sur la crise financière – ce qui restera de la période actuelle – la conséquence va être d’une violence hallucinante.

On est en récession, on va avoir de vraies difficultés. En 2008, on a renfloué les banques avec notre argent ! J’ai très peur des conséquences sur la finance et des solutions des gouvernements ou par l’Europe, parce que ça va d’abord impacter les classes moyennes. On a eu des emprunts toxiques à Clermont ! Parce que Dexia avait volé les collectivités, mais c’est finalement cette entreprise qui a été renflouée.

On a écrit sur les erreurs à ne pas reproduire après 2008, et il faut se les rappeler aujourd’hui.

Est-ce qu’on a appris réellement de ce qui s’est passé ? Je n’en suis pas sûre. On a écrit sur les erreurs à ne pas reproduire après 2008, et il faut se les rappeler aujourd’hui. La première mesure de l’Europe a été de supprimer la règle d’austérité pendant la crise [du Coronavirus], et c’est très bien. Mais je suis sûre qu’elle va revenir juste après. Et ce ne sont pas les banques au final qui vont en pâtir, ce sera nous. Néanmoins je reste méfiante au vu des effets que la crise de 2008 a eu chez nous.

La résilience et la transition peuvent-elles se jouer uniquement en local ?

J’ai toujours envie de joindre l’écologie et le social. Je ne peux pas parler de l’un sans parler de l’autre, et c’est une erreur de déconnecter ces deux plans. Encore plus aujourd’hui ! Et je rajouterai la question démocratique, à l’échelle mondiale. On voit qu’on peut avoir des effets délétères par rapport aux mesures qui sont prises. C’est difficile de parler de résilience sans inégalités sociales et sans participation des habitants. 

C’est difficile de parler de résilience sans inégalités sociales et sans participation des habitants.

Je sais que je ramène tout à la question sociale, c’est mon côté “de gauche”, mais je suis convaincue que cette période nous donne raison. Ces mêmes questions vont nous traverser. Si on peut, à Clermont, développer un modèle qui montre que la transition est possible, c’est très bien. On peut expérimenter localement, mais il faut être vigilant au niveau national et international.

Tu invites les peuples à reprendre en main le débat, en France comme dans le monde …

On a l’impression depuis un mois qu’une routine de confinement s’est installée … mais les choses évoluent très vite en fait, la période est exceptionnelle ! Dans notre quotidien et dans les effets pour le futur : il faudra se réapproprier ce débat-là, ne pas le laisser uniquement aux dirigeants politiques ou économiques. 

Il faut avoir aussi un point de vue international. On voit que des Trumps ou Bolsonaro peuvent être de vrais dangers, mais aussi des gouvernements autoritaires comme en Chine. Pourra t il y avoir un réveil mondial des peuples qui se réapproprient des perspectives démocratiques, économiques, écologiques et sociales. Tout est lié.

Comment cette réappropriation démocratique peut-elle arriver en local ?

Il faut remettre la politique au cœur des débats. Pas juste en diffusant les échanges à la télé, mais en se rendant compte que chacune de nos décisions ont un impact politique sur nous et sur les autres. La politique, ce ne sont pas juste des partis : il y a les syndicats, les associations, les débats publics … on a à Clermont un tissu associatif qui est riche, c’est un très bon point d’entrée pour agir concrètement même à une petite échelle. Tout le monde peut y trouver son compte ! 

Il faut remettre la politique au cœur des débats (…) en se rendant compte que chacune de nos décisions ont un impact politique sur nous et sur les autres.

Moi, je milite pour les migrants à travers une asso. Mais il y en a aussi sur plein de questions de société. Enfin, il y a aussi la rue : j’espère que quand on pourra se retrouver à plus de 50, on refera des Marches pour le Climat. Il y a un rapport de force, et ça ne passe pas forcément par la violence. J’espère qu’on pourra continuer à manifester pacifiquement

Pour aller plus loin : la « Chronique du Confinement » de Marianne sur Twitter
Voir la page Facebook de la campagne de Marianne « Clermont en Commun »

Propos recueillis le 17 avril 2020 (interview de Pierre Gérard), mis en forme et réorganisés pour plus de clarté, puis relus et corrigés par Marianne.