Présentation de Tikographie

Tikographie est une « exploration média », indépendante et personnelle. Elle vous propose de cheminer à la découverte des enjeux de la transition écologique et sociale et de la résilience territoriale, à travers des contenus éditoriaux en ligne.

Lancé en avril 2020, Tikographie est animée par Damien Caillard (c’est moi), journaliste indépendant basé à Clermont-Ferrand. C’est pourquoi, dans un premier temps, le focus principal sera d’abord mis sur les territoires auvergnats, mais sans exclusivité – la transition et la résilience étant des sujets communs, par définition, à tous les territoires.



Pourquoi « Tikographie » ?

Pour commencer, voyageons un peu.

Tikopia est une île particulièrement isolée de l’océan Pacifique, dans l’archipel des Salomons. Avec 1200 habitants pour 5 km², elle ne pouvait compter depuis ses 3000 ans d’occupation humaine que sur ses propres ressources agricoles. Pourtant, la communauté des Tikopiens a pu mettre en place un système écologiquement durable, via un micro-management des ressources agricoles et un contrôle strict de la hausse démographique. Ces contraintes ont été rendues possibles et acceptables parce qu’elles ont été décidées par l’ensemble de la communauté et non par un leader ou un petit groupe.

Tikopia : 400 habitants par km² … depuis 3000 ans / Crédit photo : NASA

Quelques auteurs modernes évoquent le cas de Tikopia, mais il a surtout été mis à l’honneur dans le livre de référence Collapse publié en 2004 par Jared Diamond. Dans cet ouvrage, le chercheur américain étudie scientifiquement la survenue de l’effondrement sociétal dans l’histoire lié à des causes environnementales. Ici, l’effondrement est un phénomène parfaitement identifié et même réversible : certaines sociétés – les Mayas, les habitants de l’île de Pâques – ont disparu suite à une surexploitation de leurs ressources (souvent forestières), d’autres – l’Islande, notamment – ont pu survivre et même prospérer en acceptant de changer de modèle de développement.

Enfin, la terminaison -graphie est une référence à la fois à la photographie, puisqu’il s’agit de « prendre une photo » d’un territoire pour mieux le voir, en comprendre son état, ses évolutions, ses mécanismes de résilience. Mais aussi à la biographie, et plus généralement à la narration et au besoin de raconter un futur souhaitable. Tant que les habitants d’un territoire n’auront pas écrit une histoire différente de celle de la civilisation thermo-industrielle, et tant qu’elle ne leur donnera pas envie de s’y embarquer, ils ne pourront réaliser la transition nécessaire.

Les pièces d’une fresque narrative et évolutive

Tikographie souhaite donc participer à dessiner collectivement l’image présente et future d’un territoire durable et pérenne, pour les hommes comme pour la nature.

Pour cela, le site vous propose des « ressources » média volontairement variées en fond comme en forme. Dans les premiers temps du site, ce seront principalement des entretiens avec des acteurs engagés dans la transition et la résilience territoriale. Par la suite, j’espère pouvoir vous proposer peu à peu des données, des analyses, des reportages et des retours d’expérience. A la façon puzzle, le but est que ces ressources puissent constituer les pièces d’une fresque narrative sans doute propre à chaque communauté, et forcément évolutive.

« Les effets du bon gouvernement » (détail), allégorie peinte par Lorenzetti sur les murs de la Salle des Neuf du Palazzo Pubblico de Sienne. Magnifique exemple d’une fresque narrative et inspirante, entremêlant la société des hommes et le monde de la nature – ayant notamment inspiré Julien Dossier pour la « fresque de la renaissance écologique »

Le site est également conçu pour orienter les lecteurs vers la prise de décision et vers l’action. L’ensemble des ressources qui seront progressivement mises en ligne correspondront à différents « niveaux » logiques. Ils me semblent tous nécessaires pour se faire une opinion raisonnée avant d’agir :

  • des constats sur la situation environnementale et sociale actuelle des territoires;
  • des enjeux globaux, mécanismes des écosystèmes et éventuelles projections selon des scenarii;
  • des initiatives pour apporter des pistes de solution, avec des stratégies de réponses et des expériences terrain;
  • des acteurs locaux et extra-locaux engagés à différents degrés dans la transition et la résilience, pouvant proposer des dispositifs de passage à l’action.

Ces sujets abordent tous les aspects de la société et de l’économie, dans une logique de changement de modèle sociétal. Les points de vue présentés par chacune et chacun – principalement dans les entretiens – sont volontairement variés, car c’est par la diversité des approches et la confrontation à des opinions différentes que l’on peut se forger son avis. Tikographie n’est donc pas engagé pour une cause : le site donne la parole à tous les acteurs, du moment où ils reconnaissent le besoin et l’urgence de la transition écologique et sociale.

Enfin, une approche par thématiques sera proposée afin d’aborder les enjeux, les stratégies et les initiatives pour des secteurs précis de l’économie ou de la société – gardant à l’esprit que tous ces secteurs sont interdépendants et que la transition est une démarche nécessairement holistique.

Petite précision tout de même : lancé le 20 avril 2020, le présent site va s’enrichir progressivement, et les différentes rubriques mentionnées ci-dessus seront ouvertes quand des contenus y seront rattachés.

Une « exploration », entre blog et média …

Qui ne s’est pas un jour posé pour réfléchir et se documenter sur un problème complexe, par exemple un enjeu économique ou sociétal majeur ? A condition d’être curieux, engagé et ouvert à des opinions différentes, cette démarche consiste à partir de ce que l’on sait (à savoir … que l’on ne sait pas grand-chose, pour paraphraser Socrate), et à progresser lentement. On commence par quelques recherches internet, un ou deux ouvrages de référence, une vidéo de conférence en ligne, peut-être quelques échanges avec des amis ou contacts professionnels versés dans le sujet …

En d’autres termes, on explore. L’exploration comme approche de l’innovation : c’est la thèse développée par de nombreux chercheurs, et notamment Pascal Lièvre du laboratoire CLERMA à l’IAE Management de Clermont. J’ai le plaisir de collaborer avec lui et de nombreux acteurs économiques locaux au sein de l’Open Lab Exploration Innovation.

J’aime cette image de l’explorateur : le jeune chercheur Andrei Kartoziia se prépare pour arpenter l’île de Samoylov, dans le grand Nord sibérien, afin d’étudier la conductivité du permafrost. Il semble à la fois paré à toute éventualité et avide de découverte. / Crédit photo : Alexey Faguet (Wikimedia Commons, CC BY 4.0)

Selon Pascal Lièvre, « l’exploration en management (…) c’est quand on ne peut pas se contenter des connaissances existantes, quand il est nécessaire de faire un ‘saut qualitatif’ dans ce domaine ». La « construction » des connaissances est ici un processus itératif, long et pavé d’incertitudes – comme un explorateur avançant sur un chemin en terrain inconnu, avec des embranchements, des virages, des retours en arrière …

Et de poursuivre sur les types de connaissances nécessaires pour explorer : « Il y a deux manières de le faire : par des connaissances expérientielles – les savoir-faire – ou par les connaissances scientifiques. » précise Pascal Lièvre. « Les savoir-faire sont des connaissances acquises dans l’action, et qui en produisent – mais [de manière] implicite. De l’autre côté, les connaissances scientifiques [sont] très explicites, stockées dans des bases accessibles de par le monde, mais ne vont délibérément pas à l’action. »

Comment traduire cette exploration dans le cadre d’un média ? C’est ce que je vais essayer de retranscrire avec Tikographie :

  • par une progression dans les contenus exposés, « rebondissant » des premiers contacts introductifs sur un sujet (acteurs terrain légitimes mais peu connus) vers des intervenants de référence … ou inversement;
  • par l’exploration de pistes thématiques, comme des chemins s’éloignant et se recoupant;
  • par un fil rouge narratif à la manière d’un journal de bord, ou d’un carnet de voyage, qui en résumerait chaque semaine la progression;
  • par la constitution progressive d’une carte du territoire exploré, toujours en évolution, et faisant référence aux contenus spécifiques.

Dernière question : cette exploration tient-elle du blog ou du média ? Etant seul à animer Tikographie, je vous propose à la fois un style informel et direct dans les contenus résumant cette « exploration » – le journal de bord, la synthèse des découvertes – mais aussi des articles plus formels et classiques dès qu’il s’agit de donner la parole à des tiers, de présenter une situation terrain ou une analyse de données.

Ce style informel dans certains articles, avec quelques traits d’humour, peut paraître surprenant si vous vous attendez à un traitement classique et « sérieux » de l’information. J’estime cependant que les deux approches ne sont pas incompatibles. Ainsi, l’humour est une forme de décalage et donc de prise de recul par rapport au sujet. C’est, pour moi, un moyen intéressant de le voir différemment, et in fine de le traiter avec rigueur.

Coup de « chapeau » à Magritte …

Tikographie n’est donc, à mon sens, pas un blog puisque je donne la parole à de nombreux acteurs de la transition et de la résilience – en ce sens, c’est un média, un « intermédiaire » de la connaissance. Je m’efforcerai de rester le plus neutre possible dans la formulation de mes propres compte-rendus. Tout en y gardant ce style moins formel qui me semble faciliter le rapprochement lecteur-auteur, et qui souligne un point essentiel : je ne fais qu’y donner mon analyse de citoyen non-expert, curieux et engagé pour son territoire.

Pour conclure, j’espère que ce site et ses contenus vous seront utiles afin de comprendre, échanger et agir sur l’enjeu de la transition écologique et sociale, et de la résilience des territoires.

Je ne suis pas un expert, je souhaite juste contribuer à cette action de sensibilisation que nous sommes nombreux à porter. Ma compétence étant, semble-t-il, de faciliter la mise en relation et l’échange de connaissance par les contenus média, j’ai choisi de créer Tikographie. Je sais que le site ne sera jamais parfait, aussi n’hésitez pas à me contacter pour me signaler des problèmes, me recommander des évolutions ou simplement des sujets à traiter.

Damien

Mentions légales

Tikographie est une marque et un projet porté par la société Saga.

  • Direction de la publication de Tikographie : Edith Caillard. Lui écrire.
  • Edition (rédaction et diffusion des contenus) : Damien Caillard. M’écrire.
  • Les coordonnées de Saga :
    • Forme : S.A.
    • SIRET : 32442088400177
    • APE : 7022Z
    • Adresse du siège : 48 rue de la Rochefoucauld, 75009 Paris
  • Les coordonnées de l’hébergeur de Tikographie :
    • IBO, 35 rue Jules Verne, 63000 Clermont-Ferrand
    • Site web d’IBO : https://www.ibo.fr/
    • Téléphone d’IBO : 04 73 19 82 82
    • SIRET d’IBO : 45386595800012

A noter que Tikographie est hébergé dans l’écocenter d’IBO, le premier datacenter annoncé comme neutre et écologique en Auvergne-Rhône-Alpes. Et il est situé à côté de Clermont 🙂

L’offre d’hébergement choisie est Aonyx, proposée par Aristys Web. Pour plus d’informations : contacter Jean-Anaël Gobbe par mail.

Enfin, Tikographie ne stocke pas de données personnelles et ne propose pas de service de personnalisation. Il n’y a donc aucune déclaration à la CNIL.

Remerciements

Ce site, son contenu et ce qu’il représente (du temps passé, des idées et des savoirs qu’on m’a fournis, des conseils pratiques …) n’auraient pas vu le jour sans l’aide précieuse de plusieurs personnes :

  • Edith, ma mère, qui préside Saga et qui me soutient à 100% dans l’initiative, en tant que directrice de la publication notamment;
  • Patrick, expert-comptable de Saga et partenaire fidèle de nos projets familiaux depuis longtemps;
  • Jean-Pierre, mon père qui n’est plus parmi nous mais qui m’a donné l’envie et les moyens de faire ce que je fais aujourd’hui;
  • Sumru, mon épouse, qui m’encourage constamment dans mon exploration et ma passion;
  • Virginie, mon amie coach hors pair, chroniqueuse (bientôt) dans Tikographie et sparring partner sur bien des actions professionnelles comme le Club Open Innovation Auvergne ou encore Sens9;

Je voudrais aussi remercier de nombreux ami.e.s et personnes de valeur qui m’ont apporté … plein de choses capitales :

  • Emmanuelle et Marie-Pierre d’Epicentre Factory, qui m’ont aidé dans les premières versions du site;
  • toute l’équipe du Connecteur, les membres fondateurs Fabien, Frédéric, Yan et Lionel, les administrateurs Audrey, Alexia et Pierre ainsi que Pauline, Véronique, Alexis et Cindy qui m’ont accompagné dans mon expérience journalistique locale;
  • celles et ceux qui ont bien voulu se prêter au jeu de l’interview alors que le site était encore en montage : Nicolas, Laurent, Quentin et Quentin (ils se reconnaîtront);
  • mes « consultants photo » préférés : Fanny et Jean-Louis;
  • Jean-Anaël qui m’a conseillé et accompagné sur l’hébergement web et les petits soucis de configuration, avec l’aide d’Alexis;
  • plus généralement, toutes celles et ceux qui m’ont encouragé depuis 2016 et 2019 dans mes reconversions professionnelles, des médias locaux à l’innovation … jusqu’à un nouveau pivot, aujourd’hui. Merci 🙂