Tous les projets déclarés pour le concours du budget éco-citoyen sur le Puy-de-Dôme / Crédit photo : Soline Bouveaux (DR)

Dernière ligne droite pour le budget éco-citoyen départemental

Avec 107 projets et 14 000 votes enregistrés au 15/10, le budget participatif écologique du Conseil Départemental est déjà une belle réussite. Il vous reste neuf jours pour voter.

Le mois d’octobre voit la clôture d’un processus entamé début 2020 par le Conseil Départemental du Puy-de-Dôme : son premier budget éco-citoyen. Il s’agit de 2 millions d’euros alloués à la réalisation d’un projet écologique par canton (soit 31 sur le département). C’est la première initiative de cette ampleur à l’échelle départementale.

En outre, l’angle participatif est très poussé : chaque projet lauréat est porté et mis en œuvre par un ou plusieurs citoyens (et non pas par les services du Conseil Départemental). Les 107 projets en lice ont été pré-sélectionnés par une Commission citoyenne composée d’habitants et d’élus, et sont actuellement soumis au vote du public.

Pour paraphraser Nikos Aliagas dans the Voice, c’est donc maintenant qu’ils ont besoin de vos suffrages. Le vote est ouvert jusqu’au 31 octobre à 18h. Après, le projet en tête des voix dans chaque canton sera élu, ainsi que d’autres dossiers arrivés en seconde ou troisième position selon le budget restant.

Réunion d’information sur le budget éco-citoyen et prise de parole de Jean-Yves Gouttebel / Crédit photo : Soline Bouveaux (DR)

Mobilisation tous azimuths

Avec un plafond de 64 000 € par projet, les sommes allouées dans le cadre de ce budget éco-citoyen permettent de prendre de belles initiatives. C’est pourquoi, durant le mois d’octobre, les porteurs se sont démenés pour trouver des moyens de communication originaux.

« Certains ont parlé aux radios locales, à France Bleu, aux agences de la Montagne » résume Sarah Communal, chargée de projet au Conseil Départemental. « Les réseaux sociaux ont bien sûr été très mobilisés, ainsi que des tiers-lieux comme la Goguette à Clermont … tout le tissu associatif se mobilise !« 

Outre le vote en ligne, qui implique un parcours un peu contraignant de création de compte et de vote minimal pour 2 projets, 10 000 bulletins papier ont été envoyés aux porteurs pour les distribuer par exemple sur des marchés.

Le pari de l’écologie participative

Est-ce parce que l’écologie ne doit pas être « punitive », et donc que plus elle est décidée par les habitants, mieux elle sera comprise et appliquée ? En tous cas, le choix d’un budget participatif a été mis en avant dès le début – certes, sur la base d’autres expériences en France ou en local (comme à la Ville de Clermont)

Lire l’entretien avec Roxana Triboi sur l’expérience du budget participatif à Clermont

Outre le vote du public, en cours, c’est la Commission citoyenne qui constitue l’organe participatif valorisé par le Conseil. Sa réunion du 26 septembre dernier a pré-sélectionné les projets actuellement en lice. Et, selon Sarah, « la Commission a [alors] montré toute la palette des points de vue sur la transition. (…) On y trouve une grande maturité, avec beaucoup de compétences : des paysagistes, des militants associatifs, un architecte, un apiculteur … et, bien sûr, elle est paritaire. »

Réunion de la commission citoyenne / Crédit photo : Jodie Way (DR)

Résultat : des projets très « terrain« , portés par des citoyens ou des organisations (associations notamment) locales. Leur variété est grande mais des fils rouges se distinguent, autour de l’arbre (plantations, vergers), de la solidarité (insertion, réorientation professionnelle), de la mobilité et de l’alimentation, et enfin de l’économie circulaire (ressourceries, zéro déchet, recyclage).

Un pas vers la transition des politiques publiques ?

Une fois les lauréats annoncés – courant novembre – l’objectif est que la Commission puisse continuer à fédérer les porteurs de projets et en maximiser l’impact. « On souhaite poursuivre la dynamique » insiste Sarah, « par exemple avec une soirée lauréats ». Et, bien sûr, avec l’accompagnement des projets par la Commission.

Mais, au-delà des projets, il s’agit bien d’étendre la dynamique, petit à petit, à l’ensemble des actions menées par le Conseil Départemental. C’est le modèle inspiré de l’expérience de Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle dans le Nord, une ville « pilote » en matière de transition territoriale.

Webconf de Jean-François Caron qui présente son approche au public puydômois

Jean-François Caron accompagne déjà le Conseil Départemental depuis plusieurs mois, à travers la Fabrique des Transitions. Mais la logique dans le Puy-de-Dôme ne sera pas forcément celle des Hauts-de-France : « Lui est parti d’une démarche empirique dans son territoire fortement impacté par la fin de l’économie minière, sur l’angle de l’énergie. » résume Sarah. « Nous, c’est l’inverse : on part de toutes nos politiques publiques et on les passe au prisme de la transition. » Le budget éco-citoyen en serait donc la première étape.


Aussi, malgré le nombre de projets, la complexité du processus et l’ampleur des enjeux, le succès du budget éco-citoyen galvanise les équipes du CD63. Je l’ai senti à plusieurs reprises, et en particulier dans la conclusion de Sarah lors de notre entretien : « Il faut remercier les porteurs de projets d’avoir candidaté. Dans ce climat compliqué, morose, voir toutes ces personnes qui proposent d’agir pour faire autrement … j’étais porté par toute l’énergie positive de ces gens-là ! »

Damien

Pour voter (habitants du Puy-de-Dôme de plus de 8 ans), ça se passe par ici